La grille AGGIR

Outil de référence pour l’évaluation de l’autonomie

En bref

Avec l’âge, il devient parfois difficile d’accomplir certaines tâches du quotidien comme se déplacer, se laver ou se nourrir. Il convient alors de mettre en place des dispositifs pour assister la personne qui ne peut plus réaliser ces activités de façon autonome.

Parallèlement, pour garantir l’efficacité de ces dispositifs et accorder des aides financières adaptées, il est important de qualifier la perte d’autonomie observée en la mesurant. Pour cela, il existe une grille d’évaluation nommée Grille AGGIR, pour Autonomie Gérontologique Groupes Iso-Ressources.

Quel est l’intérêt de la grille AGGIR ?

La grille d’évaluation AGGIR est avant tout un outil qui permet de standardiser la mesure de la dépendance au niveau national. En instituant des critères d’observation, elle vise à définir la perte d’autonomie et à établir différents degrés de dépendance. Ces degrés sont traduits en 6 groupes dits « iso-ressources » qui indiquent les besoins de la personne observée et ouvrent droit à certaines aides venant des services publics. Cette évaluation a donc un but administratif, puisqu’elle conditionne l’obtention d’aides financières et en particulier l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie), et un but médical, puisqu’elle donne lieu à l’élaboration d’un plan d’aide lié aux résultats.

Comment la grille AGGIR est-elle conçue ?

17 variables sont considérées dans la grille AGGIR. Parmi celles-ci, 10 sont dites « discriminantes » et concernent les capacités physiques et psychiques de la personne : la cohérence du comportement et du raisonnement, l’orientation dans le temps et l’espace, la capacité à se laver, l’habillage, l’alimentation, l’hygiène de l’élimination, les mouvements de transferts, le déplacement à l’intérieur, le déplacement à l’extérieur et la communication à distance. À cela s’ajoutent 7 variables dites « illustratives » qui évaluent la faculté à accomplir certaines activités domestiques et sociales : prendre les transports, faire des achats, la cuisine, le ménage, suivre un traitement médical, gérer ses affaires et son argent, occuper son temps libre.

Pour chacune de ces variables, l’observateur doit déterminer si la personne peut réaliser seule, spontanément, habituellement, totalement et correctement les tâches associées à la variable. Ce sont ces 5 conditions qui indiquent si la personne est autonome ou non.

Un code est ensuite attribué à la variable en fonction du nombre de conditions remplies :

  • Si les 5 conditions sont remplies, le code A est attribué à la variable
  • Si certaines conditions sont remplies, le code B est attribué à la variable
  • Si aucune condition n’est remplie, le code C est attribué à la variable

Il arrive que certaines variables soient décomposées en 2 ou 3 sous-variables. Dans ces cas, la règle suivante s’applique :

  • Si les codes des 2 sous-variables sont A, le code final de la variable est A ; si c’est AB, BA ou BB, le code final est B ; si c’est CC, CB, BC, CA ou AC, le code final est C.
  • Si les codes des 3 sous-variables sont A, le code final de la variable est A ; si les 3 codes sont C, le code final est C ; pour toutes les autres combinaisons, le code final est B.

Ce système de codes aboutit à un résultat qui indique le groupe iso-ressources (GIR) auquel la personne appartient. Sur la base de ce GIR, certaines aides des services publics peuvent être demandées.

À savoir, si la grille AGGIR comporte bien 17 variables, seules les 10 premières (celles qui sont dites « discriminantes ») sont prises en compte pour déterminer le GIR. Les 7 suivantes complètent et affinent l’évaluation afin de construire un plan d’aide adapté à la personne.

Que signifie le résultat de l’évaluation AGGIR ?

Le résultat obtenu via la grille AGGIR donne lieu à deux interprétations :

  1. Premièrement, il indique l’appartenance à un GIR. Le GIR 1 correspond au degré de dépendance le plus élevé ; le GIR 6 est associé aux personnes considérées comme autonomes.
  2. Deuxièmement, le résultat de l’évaluation est utilisé pour élaborer un plan d’aide qui sera proposé à la personne évaluée.

Dans le cas où la personne appartient à un GIR parmi les GIR 1, 2, 3 ou 4, elle peut bénéficier de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), délivrée par son Conseil départemental. Pour cela, elle devra effectuer une demande d’aide financière et accepter le plan d’aide qui lui sera proposé suite à l’évaluation.

Si la personne appartient au GIR 5 ou au GIR 6, elle peut demander à recevoir une aide ménagère à domicile, financée par son département ou sa caisse de retraite.

Les autres outils d’évaluation de la dépendance

L’évaluation de la dépendance à travers la grille AGGIR est indispensable pour demander des aides comme l’APA. En dehors de ces procédures, d’autres indicateurs existent et peuvent être exigés par certains organismes.

La grille AVQ

C’est le cas notamment de la grille AVQ (Acte de la Vie Quotidienne) souvent réclamée par les assureurs lors de la souscription à une assurance dépendance. Cette évaluation prend en compte 6 actes de la vie quotidienne (AVQ) :

  1. Se laver
  2. S’habiller
  3. Se nourrir
  4. Gérer l’hygiène d’élimination
  5. Se déplacer
  6. Effectuer des transferts (se coucher, s’asseoir, se lever)

Par la suite, elle détermine le niveau de dépendance en fonction du nombre d’AVQ (Actes de la Vie Quotidienne) qui ne peuvent pas être réalisées par la personne. Les critères sont évidemment proches de ceux observés dans la grille AGGIR.

L’évaluation Gérontologique

En plus de ces 2 grilles, AGGIR et AVQ, il est parfois recommandé d’effectuer une évaluation gérontologique, remboursée par l’Assurance Maladie (sur la base du tarif en vigueur). Pour cela, il faut se rendre dans un centre d'évaluation gérontologique (CEG), un centre local d'information et de coordination (CLIC) ou un hôpital de jour gériatrique.

Le MMS ou Mini-Mental State

Le Mini Mental State (MMS) de Folstein est le test le plus connu et le plus usité pour l’évaluation des capacités cognitives d’une personne. Utilisé principalement en milieu médical ou hospitalier, il a été validé sur le plan international. Basé sur une trentaine de questions, il permet une exploration cognitive globale d’un patient.

Ce test est réalisable en une quinzaine de minutes et apporte des informations sur plusieurs aspects cognitifs :

  • L’orientation dans le temps et dans l’espace
  • La mémoire à court et moyen terme
  • Le calcul mental
  • L’attention
  • Le langage
  • La compréhension
  • La praxie constructive (capacité à reconstituer un tout à partir d'éléments séparés qui ont des relations spatiales entre eux, par exemple un puzzle ou la reproduction d’un dessin).

Noté sur 30, un score inférieur à 26 doit alerter l’examinateur et l’inciter à faire pratiquer des tests plus approfondis. Il faut noter que ce test n’est qu’une première étape des examens cliniques et non un outil de diagnostic. Il permet toutefois de quantifier une détérioration des fonctions cognitives. Un résultat imparfait n’est pas synonyme de démence. Inversement, ce test peut être normal chez des patients développant une maladie d’Alzheimer. Sa reproductibilité et sa brièveté d’exécution en font un bon outil de surveillance, notamment chez les patients traités. Cependant, ce test reste peu précis et les différences de cotation selon l’examinateur importantes.

En savoir +

Pour en savoir plus sur la Grille AGGIR, vous pouvez consulter le site du service public ou contacter un conseiller Ouihelp.