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La maltraitance des personnes dépendantes : les conseils de Radia Oudjit, psychologue clinicienne chez Ouihelp

Écrit par Laurine Forestier / Publié le 31/07/2018
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Chez Ouihelp, le bien-être des personnes en perte d’autonomie est notre priorité, c’est pourquoi il nous est important de vous parler de la maltraitance sur les personnes fragiles et dépendantes et de ses conséquences. Découvrez les conseils de Radia Oudjit, notre psychologue clinicienne.

Qu’est-ce que la maltraitance ?

La maltraitance d’une personne dépendante est définie par l’OMS comme :

« un acte unique ou répété [...], dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale et physique pour la personne qui en est victime. »

Il y a différents types de maltraitance :

  • psychologique : humiliations répétées, violence verbale, insultes, menaces, etc. ;
  • physique : gestes brutaux, coups et autres blessures causées, etc. ;
  • financière : vols, refus d’autonomie financière pour la personne accompagnée, etc. ;
  • sociale : isolement de la personne dépendante ;
  • médicamenteuse : excès ou privation de soins ou de médicaments.

Ces différentes formes peuvent être classées en deux catégories : la maltraitance commise de façon intentionnelle et celle de manière involontaire. Les causes de la maltraitance sont diverses :

  • des relations difficiles et/ou conflictuelles ;
  • la non acceptation de la maladie ou de la perte d’autonomie de la personne aidée ;
  • la charge trop importante que ce soutien implique (autant financièrement que socialement) et l’épuisement physique et psychologique de l’aidant qui craque et réagit de manière inappropriée et démesurée ;
  • une absence ou une mauvaise formation des aidants familiaux ou professionnels.

L’aidant peut aussi simplement ne pas bien faire attention aux actes qu’il exécute. De simples gestes tels que faire très rapidement la toilette sans expliquer au préalable ses étapes, peuvent sembler anodins mais ont un fort impact car qu’ils affectent d’une manière ou d’une autre la personne aidée. Il faut donc être très vigilants lors de l’accompagnement autant en institution que chez la personne aidée. En effet, la maltraitance est principalement présente à domicile, c’est pourquoi Ouihelp a à coeur d’en parler afin de réduire le nombre de personnes maltraitées !

« Il faut se battre contre ça : il faut en parler, car en parler c’est déjà agir ! »

Les conséquences de la maltraitance sur la personne victime sont multiples et peuvent avoir de très graves répercussions sur leur santé et leur sécurité.

« Ça peut être une question vitale pour la personne maltraitée. »

Les victimes de maltraitance peuvent tomber en dépression. Cela peut engendrer des problèmes de santé tels que la dénutrition par exemple, qui peuvent provoquer l’hospitalisation de la personne maltraitée. Les victimes peuvent aussi être hospitalisées à cause de violence physique, ou encore pour mauvais traitement. La maltraitance peut finalement aller bien plus loin et causer la perte de la personne victime.

Comment éviter de devenir maltraitant ?

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Trouver un soutien moral est essentiel si vous êtes aidant. Vous devez être bien entouré pour pouvoir vous confier sur ce que vous vivez, et comment vous vous sentez tout au long de l’accompagnement. Une personne extérieure pourra vous conseiller et vous aider à vous rendre compte du moment auquel le poids de l’aide devient trop lourd, avant de faire un burn-out, autrement appelé syndrome de l’aidant.

« L’aidant doit savoir dire stop à un moment. Lorsqu’il atteint sa limite, c’est là où il doit s’arrêter et trouver un relai. »

En effet, c’est lorsque l’on dépasse nos limites physiques et morales qu’un geste de maltraitance a le plus de chance d’être commis. La culpabilité « d’abandonner », de ne plus aider la personne en perte d’autonomie pousse bien souvent les aidants à ne pas s’arrêter, alors qu’ils sont épuisés autant physiquement que mentalement. Il est donc important de vous informer sur les aides financières auxquelles vous avez droit, et sur les différentes possibilités de prises en charge disponibles lorsque vous devrez prendre du répit. Beaucoup d’aidants n’ont pas connaissance de toutes ces solutions, et pour remédier à cela, de nombreuses organisations ont été créées. Parmi elles, l’association française des aidants avec leur dispositif du café des aidants vous accueille et vous soutient, en vous indiquant les alternatives à votre aide, par exemple faire appel à une aide à domicile.

Être maltraitant sans le savoir : comment s’en rendre compte ?

« Le mot clé c’est la vigilance, par rapport à son attitude et par rapport au proche aidé. »

Se concentrer sur soi lorsqu’on est aidant est primordial pour se rendre compte si l’on a un comportement maltraitant. Il faut prendre du recul et se demander comment l’on se sent. Le sentiment de fatigue et d’irritabilité accrue mènent rapidement à des gestes inappropriés. Il faut donc se demander s’il y a un décalage entre la situation et sa réaction, et trouver une solution pour se faire épauler, voire même être « remplacé » pendant un temps si besoin. Prêtez aussi attention à d'éventuels changements de comportement chez la personne dépendante au fil de son accompagnement par l’aidant. De nombreux symptômes chez l’aidé peuvent mettre la puce à l’oreille. Manque d’appétit et d’intérêt, négligence de soi, ou encore l’expression de peur dans les yeux de l’aidé sont autant de choses qui peuvent alerter sur un problème et peut-être une maltraitance.

Comment reconnaître et dénoncer un cas de maltraitance ?

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« Tout repose sur l’observation. »

Les symptômes chez l’aidé évoqués précédemment sont un premier pas vers la reconnaissance de situations de maltraitance. Certains actes et comportements de l’aidant peuvent aussi vous alerter, par exemple certains gestes de négligence ou brutaux, des paroles humiliantes, ou encore une volonté d’isoler la personne aidée. Enfin, vous pouvez détecter des « indices » en observant le logement. Un manque ou une absence de produits nécessaires à une bonne hygiène peut être un exemple de maltraitance si cela vient d’une restriction faite par l’aidant.

« Lorsque l’on soupçonne une situation de maltraitance, il faut le signaler. C’est une responsabilité de tout être humain. »

Si vous constatez des signes d’une potentielle maltraitance, il faut en parler au plus vite. Un avis extérieur est très important lors de suspicion de maltraitance car cela permet de prendre du recul et faire la part des choses pour finalement analyser de manière plus neutre la situation. Le 3977 est un numéro dédié aux remontées de suspicion de maltraitance. Des spécialistes vous écoutent, vous questionnent en apportant des points de réflexions pour déterminer si la situation suspectée est bien un cas de maltraitance et vous informent sur la démarche à suivre. Si après cet appel vous êtes convaincus qu’il y a maltraitance, nous vous conseillons premièrement de prendre contact avec le proche aidant et l’aidé. Ayez une discussion ensemble afin de leur faire réaliser l’ampleur de la situation. Expliquez leur ce que la maltraitance signifie, ce qu’elle cause. L’aidant va pouvoir avoir un avis extérieur : votre opinion, et prendre du recul. Cette discussion peut avoir un impact positif sur la situation ! Si vous constatez encore de la maltraitance suite à cela, vous pouvez alors monter un dossier constitué de preuves (de photos par exemple) et d’attestation, et le faire parvenir à l’ARS (Agence Régionale de Santé) et/ou à votre conseil départemental. Ils étudieront alors le cas de suspicion et détermineront si la maltraitance est avérée. Dans ce cas, une procédure judiciaire sera éventuellement lancée et la peine attribuée pourra aller jusqu’au pénal.

Comment Ouihelp agit contre la maltraitance ?

Nos auxiliaire de vie Ouihelp sont très à l’écoute et vigilants. Ils sont formés et sensibilisés à la maltraitance, pour que ces situations soient rapidement signalées et désamorcées. S’ils soupçonnent de la malveillance de la part de l’aidant familial, ils n’hésitent pas à en parler à leur responsable de secteur. Ils peuvent également en parler à la psychologue du service de soutien psychologique de Ouihelp. Après une visite à domicile, s’il semble y avoir maltraitance, c’est la direction de l’autonomie de Ouihelp qui prend le relai et constitue le dossier pour « suspicion de maltraitance ».

Trop peu de personnes maltraitées parlent de leur souffrance. Aidez-les à se libérer de ce poids qui nuit considérablement à leur sécurité et à leur santé. Si vous constatez ou pensez avoir affaire à de la maltraitance, parlez-en !

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Vous pouvez compter sur une équipe de professionnels de l 'aide à domicile pour vous informer et vous accompagner.

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