La dépression chez les personnes âgées : une maladie qui n'a pas sa place chez nos aînés

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Fréquente mais largement sous diagnostiquée, la dépression des personnes âgées est une réalité aux conséquences graves, malheureusement peu prise au sérieux. Ses symptômes sont souvent réduits à la simple expression du vieillissement et ceux qui en souffrent expriment rarement leur mal-être, par pudeur ou par peur de l’avouer.

Si la dépression est courante chez nos aînés, qui y sont particulièrement vulnérables, ce n’est pas une condition normale. Cette pathologie peut accentuer leur isolement, leur dépendance, et participe à la détérioration de leur état de santé en général. Si on dispose de peu de chiffres sur ce phénomène (car il est ignoré et peu exprimé), 10 à 15% des seniors seraient concernés : peut-être un de vos proches âgé en fait-il parti ?

Définition, facteurs de risques, symptômes et traitement : apprenez-en plus sur cette maladie silencieuse afin de pouvoir la reconnaître et aider les personnes de votre entourage qui en souffre.

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Une dépression : qu’est-ce que c’est ?

Plus qu’un coup de blues, une véritable maladie

La dépression n’est pas qu’une baisse de moral passagère : c’est un mal-être durable et profond, affectant les sentiments des personnes touchées, la façon dont ils pensent et ils agissent. Cette maladie provoque une tristesse intense, une démotivation générale et peut conduire à une variété de problèmes psychologiques et physiques plus ou moins graves. Elle peut résulter dans la dégradation de l’autonomie des personnes concernées, qui perdent l’envie de faire des efforts pour faire quoique ce soit. S'ensuivent les conséquences classiques de la perte d’autonomie, et une variété d’autres problèmes qui lui sont liés : des risques de santé accrus (hypertension, troubles cardiovasculaires, exposition plus forte aux pathologies dégénératives), une dégradation de l’état mental et psychologique sont par exemple les suites possibles d’une dépression non-traitée.

Un mal auquel les seniors sont tout particulièrement sensibles

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L’âge en lui-même est souvent pointé du doigt comme l’explication même de la tristesse ou du manque d’énergie de certaines personnes âgées. En réalité, le vieillissement expose à de nombreux facteurs augmentant le risque de dépression. En voici quelques uns :

  • la perte d’êtres cher (un conjoint, des amis, de la famille, etc.) ;
  • le manque de lien social et de relations amicales ;
  • certains médicaments ;
  • certains problèmes de santé, tels que l'hypertension, le diabète, un cancer, une maladie chronique ou même les suites d’AVC ou d’attaque cardiaque.

D’autre part, avec l’âge, il est fréquent que la dépression se déclare au même moment qu’une autre maladie, ce qui ne fait qu’accentuer les effets des deux pathologies. Les conséquences sont également plus lourdes et durables : le risque cardiaque et celui de développer une maladie en général augmentent chez les personnes âgée dépressives, dont la capacité à s’en remettre diminue.

Comment identifier la dépression ?

Quels sont les symptômes de la dépression ?

Si les conséquences d’une dépression sont graves pour les seniors, les cas non-diagnostiqués et non-soignés sont monnaie courante. L’isolement de certaines personnes âgées peut d’abord les empêcher de se faire aider. D’autres éprouvent des difficultés à exprimer leur souffrance qu’ils préfèrent dissimuler. D’autre ne se rendent tout simplement pas compte de la gravité de leur mal-être. D’autre part, la reconnaissance de certains signes caractéristiques peut être compliquée par d’autres troubles de l’humeur, neurologiques, ou simplement la perte d’autonomie liée à l’âge. Certains symptômes peuvent pourtant mettre la puce à l’oreille, et permettre une prise en charge rapide et salvatrice :

  • des insomnies et autres troubles de sommeil peuvent aussi bien indiquer l’existence d’une dépression que la favoriser : ces problèmes ne sont donc pas à prendre à la légère ;
  • une irritabilité ou une agressivité accrues peuvent être de bons indicateurs ;
  • une perte d’estime de soi, une indifférence généralisée (sauter des repas, ne pas prendre ses médicaments, ne plus se laver, etc.) ;
  • une dévalorisation de soi (impression d’être devenu un fardeau pour son entourage, détester ce que l’on est devenu, etc.) ;
  • une grande angoisse face à la fin de sa vie.

Si ce ne sont pas les seuls, ces symptômes doivent agir comme des signaux d’alarme : ce ne sont pas des conséquences normales du vieillissement, mais des indicateurs d’une souffrance que personne ne devrait éprouver.

Démence, deuil, ou dépression ? Comment éviter les confusions ?

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Comme évoqué précédemment, la reconnaissance de la dépression chez les personnes âgées n’est pas une chose facile. Le deuil, certaines formes de démence et maladies neurologiques présentent des symptômes très similaires à ceux de la dépression : il est donc difficile de savoir si son proche en souffre réellement !

  • La spécificité du deuil

La perte d’un être cher est une expérience douloureuse : la tristesse et la souffrance qui lui sont liées sont des phénomènes normaux, qui n’ont rien de pathologiques. Si le deuil implique une peine intense semblable à celle éprouvée par les personnes dépressives, il est possible de le distinguer de la dépression. La dépression se caractérise par une tristesse constante et durable, tandis que celle liée au deuil intervient plus par vague, entrecoupée de souvenirs agréable de la personne perdue. D’autre part, le deuil n’implique généralement pas de perte de l’estime de soi, ce qui est par contre très commun chez les personnes dépressives.

  • La spécificité des cas de démence

Distinguer entre démence et dépression est également très compliqué. D’abord, parce que les symptômes sont proches (perte de mémoire, confusions, troubles de la concentration, changement d’humeur). d’autre part, car ces pathologies peuvent se déclarer simultanément. On estime par exemple que 20 à 30% des personnes démentes souffrent également de dépression à un moment donné, et ce, pour plusieurs raisons :

  • la perte de leur autonomie et la nécessité de compter sur les autres pour effectuer des gestes simple du quotidien ou sortir ;

  • l’angoisse et l’agitation que provoquent les maladies neurologiques ;

  • les changements biologiques cérébraux engendrés par leur pathologie ;

  • la prise de conscience de leur confusion et de leurs pertes de mémoire.

Pourtant, ces problèmes de santé sont bien différents et nécessitent des traitements spécifiques. En cas de symptômes caractéristiques de l’une ou l’autre de ces maladies, la meilleure chose à faire est alors de demander l’avis de son médecin, afin d’obtenir un traitement adapté. Il sera plus compétent pour effectuer une analyse plus fine de l’état de la personne souffrante, en prenant en compte le nombre de symptômes observés par exemple, mais aussi en évaluant la prédominance des sentiments de culpabilité et d’inutilité, très courants chez les personnes dépressives.

Comment prévenir et se soigner d’une dépression ?

Le rôle primordial des proches

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L’entourage peut faire beaucoup pour aider un membre de sa famille âgé dépressif. Si un de vos proches est dans cette situation, prenez soin de suivre ces conseils :

  • Ne négligez pas le symptômes de cette maladie

Ils ne sont pas indissociables du vieillissement mais indiquent un mal-être anormal, même pour votre proche âgé ! Gardez à l’esprit que la majorité des cas de dépression ne sont pas traités et dégénèrent à cause de leur banalisation et de l’indifférence qu’on leur porte. Alors n’attendez pas qu’il soit trop tard. Même si votre proche vous assure que tout va bien, soyez observateur ! Votre aîné ne se plaindra sans doute pas ouvertement, de peur d’être vu comme un fardeau par la personne qu’il aime. Soyez attentif à des signes plus subtils : une agitation anormale ou une susceptibilité plus prononcée que d’ordinaire peuvent en dire long sur un état d’esprit.

  • Demandez leur comment ils vont

Mettez vous à la place de cet être cher que l’âge expose sans doute à de nouvelles angoisses, à de nouvelles difficultés : il ne suffit pas de leur offrir votre aide pour pallier la perte de leur autonomie, il faut aussi en parler avec eux, comprendre ce qu’ils ressentent. Leur permettre d’extérioriser leurs peurs et leurs peines les aidera à voir leur vie d’un oeil moins négatif, en plus de leur apporter un véritable soutien émotionnel.

Les traitements disponibles pour aller mieux

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Si certains cas de dépression nécessitent un traitement médicamenteux, cette option n’est pas sans conséquence. Il ne faut donc pas hésiter à considérer les autres solutions disponibles, qui peuvent s’avérer d’une grande aide pour les personnes âgées.

  • Demander de l’aide à son médecin

La dépression est une véritable maladie : elle n’est pas à prendre à la légère. Solliciter son médecin et suivre ses conseils est indispensable pour aller mieux. Les professionnels qualifiés sont les plus à même d’établir un diagnostic précis et donc d'élaborer une réponses adaptée et efficace.

  • En parler

Il n’y a pas d’âge pour suivre une psychothérapie ! Ces rendez-vous peuvent aider les personnes souffrantes à voir les choses différemment, apaiser certaines angoisses et apporter des réponses aux nouvelles questions qu’ils se posent. Si le pas est trop dur à franchir, le simple fait de partager son ressenti au sein de groupes de parole dédiés peut être d’une grande aide. Toute expression de ses sentiments et marque de soutien extérieur sont bonnes à prendre. Des numéros tels que celui de l’Association France dépression ou S.O.S Dépression sont par exemple joignables afin de pouvoir libérer sa parole et faire un pas vers la guérison.

  • S’essayer à des traitements moins conventionnels

Si la dépression n’est pas trop avancée, il suffit parfois de peu de choses pour retrouver le moral. En plus d’offrir des alternatives à des traitements plus lourds, elles seront l’occasion de tester quelque chose de nouveau, de sortir d’un quotidien trop sombre pour reprendre la vie du bon côté. Par exemple, la sophrologie peut apporter une aide conséquence à une personne âgée dépressive. Son principe est simple : basée sur des techniques de relaxation variées, cette discipline à pour but de développer la sérénité de celui qui la pratique. Elle favorise le calme, la diminution de l’anxiété, permet de lutter contre la tristesse et de stimuler ses propres ressources (souvenirs agréables et positifs) pour aller mieux.

Vieillir n’oblige pas à faire une croix sur sa joie de vivre : on peut se sentir bien à tout âge ! Quelques soient les difficultés qu’on éprouvent parfois en vieillissant, il est toujours possible de remonter la pente et de profiter pleinement de sa vie qui continue.

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