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5 idées reçues sur la dénutrition des personnes âgées

Écrit par Paloma Lamirault / Publié le 18/01/2019
5 idées reçues sur la dénutrition des personnes âgées dépendantes et handicapées

Le vieillissement, le manque d’activité physique ainsi que de multiples autres phénomènes baissent progressivement la sensation de faim chez les personnes âgées. D’ici 2050, l’INSEE estime que 20% des plus de 75 ans seront dans une situation de dénutrition.

L’individu diminuant peu à peu le panel d'aliments qu'il consomme quotidiennement touche à sa propre immunité et risque de développer de multiples carences. La plupart du temps, les effets sont rapides et intenses : perte de poids, fatigue, irritabilité, affaiblissement, infection etc. Plus le phénomène se développe, moins la personne éprouve l’envie de se nourrir : un cercle vicieux se forme alors.

De nombreux préjugés amènent nos aînés à supprimer peu à peu des éléments de leurs repas quotidien, ou à réduire leurs portions alimentaires. Faites tomber les barrières de la nutrition. Découvrez 5 faits totalement faux sur l’équilibre alimentaire des personnes âgées !

Les personnes âgées ont besoin de moins se nourrir

IMG 3719 Faux. Certe les saveurs et l’appétit général se détériorent avec l’âge. Cela est à la fois due aux changements physiologiques qui viennent avec le temps, à la prise de médicaments, mais également à la maladie ou la modification du statut social. Cependant, il faut savoir que les besoins nutritionnels d’une personne âgée ne sont pas plus faibles que dans sa jeunesse, mais ils peuvent être modifiés (besoin de davantage de protéines, de calcium et de vitamine D par exemple). Encore une fois, la sous-alimentation est la porte ouverte à une baisse des défenses immunitaires et de multiples maladies graves. Un bon dosage de vitamines, minéraux, protéines ou encore produits laitiers sont indispensables au quotidien. Le GEMRCN est la référence nutritionnelle qui vous indique les quantités journalières à consommer pour chaque type de population. N'hésitez pas à discuter avec le médecin de votre papa ou votre maman, avant tout changement alimentaire.

Les produits laitiers augmentent le taux de mortalité et de fractures chez nos aînés

Faux. Entre 40 et 80 ans, l’homme perd entre 25% et 50% de sa masse osseuse. Les produits laitiers sont riches en calcium et à consommer en surplus pour prévenir l’ostéoporose. En complément, il s’agit d’une excellente source de protéines animales dont nos aînés doivent augmenter la consommation. En 2014, une étude a mis en avant que, malgré ses bienfaits contre l’ostéoporose, les produits laitiers pourraient amplifier le “stress oxydant” des cellules. Cela engendrerait des taux de mortalité et de fractures en hausse. Cependant, les scientifiques avouent ne pas pouvoir établir de réelles cause à effet des produits laitiers sur l’organisme, et attendent des travaux complémentaires ! Et d'une manière générale, pour réduire le “stress oxydant”, les fruits et légumes restent la meilleure des solutions.

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Cholestérol : le beurre, les oeufs et le fromage sont à bannir

boiled-egg-breads-breakfast-1448722 Faux. Il n’y aucune raison de changer ses habitudes alimentaires avec ces éléments. Ces aliments sont utiles pour l’équilibre et la diversification alimentaire. Gardez de bonnes habitudes ! On fera simplement attention aux cuissons et à l'association des plats (à ne pas mettre au même repas de la charcuterie, des frites, du fromage etc.) En moyenne, il est conseillé de consommer : 3 à 4 oeufs par semaine, 10 à 15 g. de beurre et 20 à 40 g. de fromage au quotidien.

Il faut en finir avec le sel !

Faux. Les personnes âgées perdent une partie de leur sensibilité au produits salés avec le temps. Là encore, hormis prescription médicale, l’arrêt total de cet élément au quotidien n’aura aucun impact positif voire pourrait entraîner un déséquilibre hydrominéral chez la personne âgée. Le sel est un rehausseur de goût si on supprime le sel on enlève les saveurs des plats ce qui induits une anorexie donc une dénutrition. Il reste à consommer avec modération, comme à tout âge.

Difficile à mastiquer et à digérer : il faut se passer de la viande

rawpixel-754031-unsplash Faux. La viande apporte à la fois une grande quantité de fer par portion, mais aussi des protéines, indispensables pour le renouvellement des cellules. La dose journalière de viande conseillée se situe entre 70 et 100 g. par jour. Pour nos aînés, il est essentiel d’augmenter cette quantité de protéines quotidienne (présentes majoritairement dans la viande, les produits laitiers, l’oeuf ou le poisson) de 1 à 1,2 g par jour et par kilo. Cela préviendrait d’une fonte musculaire trop importante (maladie de la sarcopénie) et d’un risque de fractures qui engendreraient une perte d’autonomie. Peu de protéines = l’organisme est vulnérable. Attention, dans le cas de la maladie d'Alzheimer, il faut consommer des poissons gras de manière régulière et diminuer celle de viandes rouges et transformées. Si la texture est un frein, vous pouvez mouliner la viande que vous souhaitez consommer ou vous tourner vers une viande tendre, avec un faible taux de collagène. C’est le cas du faux-filet ou de notre chère blanquette de veau !

Sources : Article de Planète Santé : Vieillesse et nourriture ce qu’il faut savoir Guide alimentaire du Programme national nutrition-santé (PNNS) : La santé en mangeant et en bougeant, le guide nutrition pour les aidants de personnes âgées Article de Bien manger pour mieux vivre : L’alimentation de la personne âgée
Article de Vivre en aidant : Grand âge, besoins nutritionnels différents Etude de AgeVillage : Le lait est-il l’ennemi des personnes âgées ? Réponses Bien vieillir : Personnes âgées, 9 priorités santé Agence régionale de la Santé (ARS) : Fiches PDF Harmoniser les messages des personnes agees

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