Tout savoir sur le congé du proche aidant

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En bref

En France, environ 8,3 millions de personnes aident un proche dépendant. Le rôle de ceux que l’on appelle « proche aidant » est crucial. Sans eux, l’assurance maladie aurait à sa charge 160 milliards de dépenses supplémentaires.

Accompagner les gestes de la vie quotidienne est un véritable engagement pour le proche aidant et nécessite parfois de se retirer temporairement d’une activité professionnelle.

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Définition du congé proche aidant

Le congé de proche aidant permet à toute personne, sous certaines conditions, de cesser son activité professionnelle afin de s’occuper d’une personne handicapée ou faisant l’objet d’une perte d’autonomie d’une particulière gravité. Ce congé est accessible sous conditions (ancienneté, lien familial ou étroit avec la personne aidée, résidence en France de la personne aidée) et pour une durée limitée.

Congé proche aidant : qui peut en bénéficier ?

Le congé de proche aidant est ouvert à tout salarié justifiant d’une ancienneté minimale d’au moins 1 an dans l’entreprise.

La personne accompagnée par le salarié, qui présente un handicap ou une perte d’autonomie d’une particulière gravité, peut-être :

  • La personne avec qui le salarié vit en couple ;
  • Son ascendant, son descendant, l’enfant dont elle assume la charge (au sens des prestations familiales) ou son collatéral jusqu’au 4e degré (frère, sœur, tante, oncle, cousin(e) germain(e), neveu, nièce...) ;
  • L’ascendant, le descendant ou le collatéral jusqu’au 4e degré de son époux(se), son(sa) concubin(e) ou son(sa) partenaire de PACS ;
  • Une personne âgée ou handicapée avec laquelle il réside ou avec laquelle il entretient des liens étroits et stables, à qui il vient en aide de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne.

La personne aidée doit résider en France de façon stable et régulière.

Combien de temps dure le congé proche aidant ?

Le congé de proche aidant ne peut pas dépasser une durée maximale, fixée :

  • Soit par convention ou accord collectif d’entreprise ou, à défaut, par convention ou accord de branche ;
  • Soit, en l’absence de convention ou accord applicable dans l’entreprise, à 3 mois.

Toutefois, le congé peut être renouvelé, sans pouvoir dépasser 1 an sur l’ensemble de la carrière du salarié.

Quelles sont les démarches à suivre pour obtenir un congé de proche aidant ?

Comment faire la demande de congés ?

Le congé est pris à l’initiative du salarié. Il informe l’employeur en respectant les conditions et délais déterminés par convention ou accord collectif d’entreprise (ou, à défaut, par convention ou accord de branche), s’il existe.

En l’absence de convention ou d’accord applicable, le salarié adresse sa demande à l’employeur par tout moyen permettant de justifier de la date de la demande (lettre ou courrier électronique recommandé, par exemple).

La demande précise les éléments suivants :

  • La volonté du salarié de suspendre son contrat de travail pour bénéficier du congé de proche aidant ;
  • La date du départ en congé ;
  • Et, si le salarié le souhaite, sa volonté de fractionner le congé (ou de le transformer en temps partiel).

La demande est adressée au moins 1 mois avant la date de départ en congé envisagée. Toutefois, le congé débute sans délai s’il est justifié par :

  • Une urgence liée notamment à une dégradation soudaine de l’état de santé de la personne aidée (attestée par certificat médical) ;
  • Une situation de crise nécessitant une action urgente du salarié ;
  • Ou la cessation brutale de l’hébergement en établissement dont bénéficiait la personne aidée (attestée par le responsable de l’établissement).

Quelles pièces à fournir ?

La demande de congé de proche aidant est accompagnée des documents suivants :

  • Déclaration sur l’honneur soit du lien familial du salarié avec la personne aidée, soit de l’aide apportée à une personne âgée ou handicapée avec laquelle il réside ou entretient des liens étroits et stables ;
  • Déclaration sur l’honneur précisant soit qu’il n’a pas eu précédemment recours, au long de sa carrière, à un congé de proche aidant, soit, s’il en a déjà bénéficié, de sa durée ;
  • Copie de la décision justifiant d’un taux d’incapacité permanente au moins égal à 80 % (si la personne aidée est un enfant handicapé à sa charge ou un adulte handicapé) ou copie de la décision d’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) au titre d’un classement dans les groupes I, II et III de la grille AGGIR (lorsque la personne aidée souffre d’une perte d’autonomie).

L’employeur peut-il refuser ?

L’employeur ne peut pas refuser le congé, sauf si le salarié ne remplit pas les conditions (ancienneté insuffisante, demande de départ en congé dans un délai trop court...). Le salarié peut contester le refus de l’employeur, par la saisine du conseil de prud’hommes.

Situation du salarié pendant le congé proche aidant

Activité professionnelle

Le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle pendant la durée du congé. Toutefois, il peut être employé par la personne aidée lorsque celle-ci perçoit l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou la prestation de compensation du handicap (PCH).

Suis-je payé pendant le congé ?

Le congé de proche aidant n’est pas rémunéré par l’employeur (sauf dispositions conventionnelles ou collectives le prévoyant).

Puis-je faire du temps partiel ?

Si l’employeur accepte que le congé soit fractionné ou transformé en temps partiel, le salarié alterne périodes travaillées et périodes de congé.

Le salarié doit avertir son employeur au moins 48 heures avant la date à laquelle il entend prendre chaque période de congé.

En cas de fractionnement du congé, la durée minimale de chaque période de congé est d’une journée.

Toutefois, le congé débute sans délai s’il est justifié par :

  • une urgence liée notamment à une dégradation soudaine de l’état de santé de la personne aidée (attestée par certificat médical) ;
  • une situation de crise nécessitant une action urgente du salarié ;
  • ou la cessation brutale de l’hébergement en établissement dont bénéficiait la personne aidée (attestée par le responsable de l’établissement).

Qui de mes avantages professionnel ?

La durée du congé de proche aidant est prise en compte pour le calcul des avantages liés à l’ancienneté.

Le salarié conserve le bénéfice de tous les avantages qu’il avait acquis avant le début du congé.

Comment se termine le congé de proche aidant ?

Puis-je demander un renouvellement ?

Le salarié peut demander le renouvellement de son congé. Le nombre de renouvellements autorisés, les conditions et délais d’information sont déterminés par convention ou accord collectif d’entreprise (ou, à défaut, par convention ou accord de branche), s’il existe.

En l’absence de convention ou d’accord applicable, le salarié adresse sa demande de renouvellement par tout moyen permettant de justifier de la date de la demande (lettre ou courrier électronique recommandé, par exemple) au moins 15 jours avant la date de fin du congé initialement prévu.

Est-ce possible de faire un retour anticipé ?

Le salarié peut mettre fin de façon anticipée au congé de proche aidant (ou y renoncer) dans l’un des cas suivants :

  • Décès de la personne aidée ;
  • Admission dans un établissement de la personne aidée ;
  • Diminution importante des ressources du salarié ;
  • Recours à un service d’aide à domicile pour assister la personne aidée ;
  • Congé de proche aidant pris par un autre membre de la famille.

Le salarié informe l’employeur de son souhait de mettre fin à son congé, en tenant compte de la durée de préavis à respecter avant le retour anticipé du salarié. Les conditions et délais d’information sont déterminés par convention ou accord collectif d’entreprise (ou, à défaut, par convention ou accord de branche).

En l’absence de convention ou d’accord applicable, le salarié adresse une demande motivée à l’employeur par tout moyen permettant de justifier de la date de la demande (lettre ou courrier électronique recommandé, par exemple) au moins 1 mois avant la date de départ à laquelle il entend mettre fin à son congé.

Quelques actualités concernant le congé du proche aidant :

  • À compter de janvier 2020, le congé de proche aidant ne sera plus soumis à des conditions d’ancienneté. Renseignez-vous auprès de votre employeur sur cette modalité ou directement auprès de nos équipes médico-sociales. Nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions.
  • À compter d’octobre 2020, toute personne éligible au congé de proche aidant pourra recevoir l’allocation journalière du proche aidant (Ajpa) de 43,83 euros par jour pour les personnes en couple et de 52,08 euros pour les personnes seules. Cette allocation est limitée à 3 mois, soit 66 jours, fractionnables par demi-journée selon la situation professionnelle, durant l’ensemble de la carrière professionnelle pour une ou plusieurs personnes aidées. Si vous vivez en couple, vous pouvez en bénéficier tous les deux et les cumuler. Dans ce cas, vous devez remplir chacun une demande. Chaque bénéficiaire de l’allocation a droit à un maximum de 22 jours par mois. L’Ajpa sera délivrée par la Caisse d’Allocation Familiale ou la Mutualité Sociale Agricole (MSA) en remplissant le formulaire dédié. Les conditions d’obtention de l’allocation sont les mêmes que celles pour l’obtention du congé proche aidant. L’Ajpa est imposable et soumise au prélèvement à la source, elle ouvre droit automatiquement à l’assurance vieillesse des parents au foyer.

Le congé de présence parentale :

Le congé de présence parentale permet au salarié ou au fonctionnaire de suspendre son activité professionnelle partiellement ou complètement, afin de s’occuper de son enfant dont l’état de santé requiert une présence soutenue ou des soins médicaux lourds. Ce congé est attribué pour une durée de 310 jours maximum afin que le parent puisse consacrer son temps à son proche. Pour y avoir droit, il faut faire la demande auprès de l’employeur, qui ne peut refuser ce congé si toutes les conditions sont réunies. Durant ce congé, le salarié ne perçoit pas de rémunération mais peut prétendre au versement de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP).

Afin de découvrir l’ensemble des modalités de ce congé de présence parentale, nous vous invitons à lire l’article suivant sur le congé de présence parentale.

Le congé de solidarité familiale :

Le congé de solidarité familiale permet au salarié de cesser suspendre son activité professionnelle afin d'assister un proche en fin de vie. La durée maximum du congé est fixée à 3 mois, renouvelable une fois. Comme pour beaucoup d’autres congés de ce type, le salarié n’est pas rémunéré pendant la période de congés, cependant, il peut prétendre à une allocation journalière d’accompagnement en fin de vie.

Pour connaître toutes les modalités de ce congé, nous vous invitons à consulter cet article complet sur le congé de solidarité familiale.

En savoir plus sur le congé du proche aidant

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.

Textes de références

  • Code du travail : articles L3142-16 à L3142-25 ;
  • Code du travail : article L3142-26 ;
  • Code du travail : article L3142-27 ;
  • Code du travail : articles D3142-7 à D3142-10 ;
  • Code du travail : articles D3142-11 à D3142-13.

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